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Quatre hommes jugés pour l'attentat au marché de Noël de Strasbourg

Ce soir du 11 décembre 2018, Chérif Chekatt, un homme de 29 ans, avait surgi en plein coeur du traditionnel marché de Noël de Strasbourg et ouvert le feu sur des passants en criant "Allah Akbar". Au total, il avait tué, en dix minutes, cinq personnes et en avait blessé onze autres. © KEYSTONE/EPA/RONALD WITTEK
Ce soir du 11 décembre 2018, Chérif Chekatt, un homme de 29 ans, avait surgi en plein coeur du traditionnel marché de Noël de Strasbourg et ouvert le feu sur des passants en criant "Allah Akbar". Au total, il avait tué, en dix minutes, cinq personnes et en avait blessé onze autres. © KEYSTONE/EPA/RONALD WITTEK


Publié le 29.02.2024


Cinq personnes avaient été tuées froidement, en dix minutes à peine, en plein marché de Noël. Le procès de l'attentat de Strasbourg en décembre 2018 s'est ouvert jeudi à Paris, en l'absence de l'assaillant, un homme radicalisé abattu après 48 heures de traque.

Dans cette affaire, quatre hommes, soupçonnés d'avoir joué un rôle, à des degrés divers, dans la fourniture d'armes à l'auteur des coups de feu, vont comparaître pendant cinq semaines devant la cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats.

Un cinquième suspect sera jugé seul, ultérieurement, et sur une plus courte période en raison de son état de santé.

"Allah Akbar"

Ce soir du 11 décembre 2018, Chérif Chekatt, un homme de 29 ans, avait surgi en plein coeur du traditionnel marché de Noël de Strasbourg et ouvert le feu sur des passants en criant "Allah Akbar". Au total, il avait tué, en dix minutes, cinq personnes et en avait blessé onze autres.

Parmi les morts, Antonio Megalizzi, journaliste italien de 28 ans, était venu couvrir la session du Parlement européen. Bartosz Orent-Niedzielski, 36 ans, d'origine polonaise et installé en Alsace était une figure de la vie culturelle locale. Il couvrait lui aussi en tant que journaliste les sessions du Parlement européen.

Kamal Naghchband, Franco-Afghan de 45 ans, avait fui son pays en guerre pour s'installer à Strasbourg, Anupong Suebsamarn, touriste thaïlandais de 45 ans, était en vacances avec sa femme. Le cinquième mort, Pascal Verdenne, 61 ans, était un employé de banque à la retraite.

L'émotion avait été d'autant plus considérable que cet attentat s'inscrivait dans une série d'attaques jihadistes, notamment celles de Paris de janvier et novembre 2015 (17 puis 130 morts), et de Nice (sud-est), en juillet 2016 (86 morts).

Multirécidiviste

Le meurtrier, un multirécidiviste de 29 ans, condamné 20 fois en France pour des faits de droit commun, était fiché pour radicalisation islamiste.

Traqué pendant deux jours, Chérif Chekatt avait été repéré dans le quartier du Neudorf et tué dans un échange de tirs avec des policiers.

Le lendemain, l'attentat avait été revendiqué par le groupe Etat islamique, un acte toutefois jugé opportuniste par les enquêteurs. Une vidéo d'allégeance à l'EI avait néanmoins été retrouvée sur une clé USB au domicile de l'assaillant.

Cinq hommes ont par la suite été mis en examen dans ce dossier pour avoir fourni à Chérif Chekatt des armes, dont un revolver d'ordonnance 1892 utilisé lors de l'attentat.

Ancien codétenu de Chekatt

Finalement, les juges d'instruction n'ont retenu la qualification terroriste que pour l'un d'eux, Audrey Mondjehi, un ancien codétenu de Chérif Chekatt.

Cet accusé de 42 ans, le seul à être toujours en détention provisoire, sera jugé pour complicité d'assassinats et de tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, ainsi que pour association de malfaiteurs terroriste. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Selon l'ordonnance des magistrats, dont a eu connaissance l'AFP, il a joué "un rôle indispensable dans la fourniture d'une arme" à l'assaillant en le mettant en contact avec des personnes qui lui ont vendu des armes, alors qu'il "ne pouvait ignorer, voire qu'il partageait, tout ou partie des convictions radicales de Chérif Chekatt".

Agés de 34, 37 et 39 ans, les trois autres accusés, soupçonnés d'avoir participé d'une manière ou d'une autre à la fourniture d'armes, devront pour leur part répondre d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes. Ils encourent 10 ans d'emprisonnement.

Aucun élément n'a permis d'établir qu'ils avaient eu connaissance du projet terroriste du tueur, ont estimé les juges antiterroristes.

ats, afp

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