La Liberté

09.05.2021

Victorieux, les indépendantistes écossais exigent un référendum

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon avait déjà revendiqué une victoire des indépendantistes plus tôt dans la journée. © KEYSTONE/EPA/ROBERT PERRY
La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon avait déjà revendiqué une victoire des indépendantistes plus tôt dans la journée. © KEYSTONE/EPA/ROBERT PERRY
La volonté d'indépendance du peuple d'Ecosse est claire pour la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. © KEYSTONE/EPA/ROBERT PERRY
La volonté d'indépendance du peuple d'Ecosse est claire pour la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. © KEYSTONE/EPA/ROBERT PERRY
La volonté d'indépendance du peuple d'Ecosse est claire pour la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. © KEYSTONE/EPA/ROBERT PERRY
La volonté d'indépendance du peuple d'Ecosse est claire pour la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. © KEYSTONE/EPA/ROBERT PERRY
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09.05.2021

Forte de la victoire de son parti aux élections, la première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon a réclamé samedi un nouveau référendum d'autodétermination. Elle a enjoint le premier ministre britannique de ne pas s'opposer à la "volonté" des Ecossais.

Le scrutin pour le Parlement d'Holyrood, à Edimbourg, constituait un enjeu majeur du "super jeudi" d'élections locales britanniques, avec des implications majeures pour l'unité du Royaume-Uni, mise à mal par le Brexit.

Manquant d'un siège la majorité absolue, le parti national écossais (SNP) de la populaire Nicola Sturgeon remporte un quatrième mandat à la tête de la nation britannique. Il a obtenu 64 sièges sur les 129 du Parlement écossais, selon les résultats définitifs.

Les conservateurs écossais arrivent en deuxième position avec 31 députés. Leur chef, Douglas Ross, s'est félicité d'avoir "bloqué une majorité pour le SNP et un référendum d'indépendance". Mais le SNP peut se targuer, face au refus de Londres d'accepter un nouveau référendum, de la majorité absolue obtenue par le camp indépendantiste, grâce aux Verts, également en faveur d'une séparation du Royaume-Uni, qui remportent huit sièges.

"C'est la volonté de ce pays"

Il a réussi en outre à écarter le nouveau parti Alba de l'ex-premier ministre écossais et ex-leader du SNP, Alex Salmond, devenu un adversaire farouche de Nicola Sturgeon et qui n'obtient aucun siège.

"Le peuple d'Ecosse a voté pour donner aux partis pro-indépendance une majorité au Parlement écossais", s'est félicitée Nicola Sturgeon devant ses partisans. "Il n'y a tout simplement aucune justification démocratique pour Boris Johnson, ou pour quiconque, à chercher à bloquer le droit du peuple écossais de choisir son propre avenir", a-t-elle assuré. "C'est la volonté de ce pays".

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, qui a le dernier mot pour autoriser ou non ce référendum, s'y oppose fermement. Il estime qu'une telle consultation ne peut se produire "qu'une fois par génération".

Au référendum de 2014, 55% des électeurs avaient rejeté l'indépendance. Le SNP estime cependant que le Brexit a changé la donne, les Ecossais s'y étant opposés à 62%, et que la nation britannique doit désormais pouvoir rejoindre l'Union européenne en tant qu'Etat indépendant.

Félicitations de Johnson

Boris Johnson a félicité la première ministre écossaise. Il l'a invitée à une réunion avec le gouvernement britannique, estimant qu'il fallait "travailler ensemble" face aux "défis communs", comme la reprise après la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 127'000 morts au Royaume-Uni.

Dans le reste du Royaume-Uni, les élections de jeudi, le premier scrutin depuis l'écrasante victoire des conservateurs aux législatives de 2019 et depuis le Brexit, constituaient un test pour les conservateurs de Boris Johnson.

En Angleterre, les résultats sont positifs pour le parti du premier ministre britannique, avec des progrès dans les régions désindustrialisées et acquises au Brexit du nord et la conquête d'Hartlepool, bastion travailliste depuis 50 ans.

Cinglante défaite travailliste

Le parti travailliste se retrouve en proie aux querelles internes, après cette cinglante défaite. Appelé à une remise en question, son chef centriste Keir Starmer a promis qu'il ferait "tout ce qui est possible" pour regagner la confiance des classes populaires.

Sa première décision a cependant provoqué la colère dans l'aile gauche du Labour. Selon l'agence de presse PA, Angela Rayner, numéro deux du parti, a été renvoyée de son poste de responsable des élections.

Malgré cette déroute, les travaillistes peuvent se targuer de bons résultats au Pays de Galles, où le Labour gallois obtient 30 des 60 sièges du Parlement local, contre 16 pour les conservateurs, ce qui lui permet de se maintenir au pouvoir.

Dans le nord de l'Angleterre, la travailliste Joanne Anderson, 47 ans, est la première femme noire élue à la mairie de Liverpool. Le Labour a aussi enregistré des victoires importantes dans le grand Manchester et dans la région de Liverpool.

A Londres, le travailliste Sadiq Khan, devenu en 2016 le premier maire musulman d'une grande capitale occidentale, a été réélu pour un deuxième mandat. Il a obtenu 55,2% des voix face au conservateur Shaun Bailey.

ats, afp

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