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Chronique: Les bancs publics nagent à contre-courant

Gratuits, inutiles, sans rendement, les bancs publics font un pied de nez à notre système. © Olesya Grichina/Unsplash
Gratuits, inutiles, sans rendement, les bancs publics font un pied de nez à notre système. © Olesya Grichina/Unsplash

Angélique Eggenschwiler

Publié le 19.06.2024

Temps de lecture estimé : 2 minutes

On peut y faire beaucoup de choses. Ecrire un SMS, manger une glace, une pomme, un sandwich, s’étouffer avec le concombre au milieu, on peut attendre, bronzer, on peut pleurer. Sourire. Fermer les yeux. Préparer des mots de rupture, s’asseoir au fond de soi. On peut aussi ne rien faire. Et c’est ce que les gens font le plus souvent sur ce banc.

«Le» banc comme le surnomment par ici ceux qui n’ont pas connu d’autres bancs, le «petit banc» précisent encore ceux qui vont y faire un tour le dimanche, s’y asseoir une minute entre deux coquelicots fanés, viens, on va vite jusqu’au petit banc. Et comme tous les petits bancs qui peuplent nos souvenirs ou notre commune, celui-ci n’a rien de petit. Rien de spécial non plus: quelques planches fatiguées, deux couches de vernis et un «Nique le système» au Tipp-Ex sur l’accoudoir. En face, l’étang, un bouchon de Sinalco à la surface et une poule d’eau qui montre son cul.

Les bancs sont gratuits, ils ne rapportent rien, ne se monnaient

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