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Des vitraux oubliés durant 40 ans

Des vitraux de Style sapin dormaient, oubliés, dans un sous-sol. Ils appartiennent à l’ancienne chapelle de Cernier-Fontainemelon

L’un des six vitraux qui décoraient la chapelle de Cernier-Fontainemelon. © Gaspard Gigon
L’un des six vitraux qui décoraient la chapelle de Cernier-Fontainemelon. © Gaspard Gigon
Une vue de l’exposition Sortir du bois… © Gaspard Gigon
Une vue de l’exposition Sortir du bois… © Gaspard Gigon
Publié le 16.02.2022

Temps de lecture estimé : 4 minutes

La Chaux-de-Fonds » Le Musée des beaux-arts (MBA) de La Chaux-de-Fonds (NE) a découvert des vitraux Art nouveau, qui dormaient depuis plus de 40 ans dans le sous-sol d’un entrepôt d’un entrepreneur. Cette trouvaille exceptionnelle est actuellement exposée et à voir jusqu’au 29 mai.

Au début du mois de janvier, une collaboratrice de la Ville de La Chaux-de-Fonds découvre une annonce de vente pour un ensemble de cinq vitraux, rapidement identifiés comme venant de l’ancienne chapelle de Cernier-Fontainemelon. Cette dernière a été construite en 1875 et sa décoration fut confiée aux élèves de l’Ecole d’art de la Métropole horlogère qui ont développé le Style sapin, une variante de l’Art nouveau, autour du peintre Charles L’Eplattenier.

Avant que la chapelle ne soit transformée en habitation privée en 1977, auparavant un lieu de culte, «l’Opan (Office du patrimoine et de l’archéologie neuchâtelois, ndlr) a fait des photographies qui nous ont très rapidement donné la certitude qu’il s’agissait des vitraux de cette chapelle», explique David Lemaire, directeur et conservateur du MBA.

Prix dérisoire

Les équipes de conservation des musées des beaux-arts et d’histoire apprennent que ces vitraux avaient été confiés à un entrepreneur de la région, stockés dans un sous-sol inaccessible et oubliés de tous pendant plus de 40 ans. C’est la mise en vente du bâtiment qui a occasionné leur exhumation et leur redécouverte. «Le vendeur nous les a cédés pour un prix dérisoire, qui ne payerait même pas le dédommagement d’un stockage. Il avait reçu plusieurs offres mais il s’est réjoui que les vitraux puissent être restitués à la collectivité et conservés dans le canton», ajoute David Lemaire.

Ce groupe de vitraux est l’œuvre de Jules Courvoisier, un artiste chaux-de-fonnier. Dépourvu d’iconographie religieuse, cet ensemble représente des paysages jurassiens centrés sur un élément de flore stylisé chaque fois différent. «La chapelle de Cernier-Fontainemelon est un témoignage très rare du Style sapin appliqué au travail du verre car les vitraux Art nouveau présents à La Chaux-de-Fonds étaient souvent importés depuis l’étranger, de France notamment», éclaire David Lemaire. «Ces vitraux n’ont pas une valeur marchande importante car ils mesurent 2,80 mètres de haut et sont encombrants mais ils ont une valeur patrimoniale et historique», poursuit-il.

Le sixième vitrail de l’ensemble avait déjà été acquis par le Musée d'histoire de La Chaux-de-Fonds en 2004 et est présenté de manière permanente dans la salle Art nouveau du MBA. «Chose étrange, seul ce vitrail avait passé sur le marché de l’art et avait été acheté à un antiquaire. Il lui manque l’ogive supérieure», note David Lemaire.

Les cinq autres vitraux seront exposés jusqu’à fin mai puis ils seront restaurés. «Il va falloir leur chercher une destination pour pouvoir les montrer au public de façon permanente et une piste serait la Villa Fallet que la Ville de La Chaux-de-Fonds cherche à acheter», conclut le conservateur. ATS


Des artistes invisibles

La nouvelle exposition Sortir du bois. A la lisière du Style sapin présentera aussi, dès dimanche, les œuvres d’artistes souvent moins exposées dans le contexte du Style sapin et explorera les ramifications de l’Art nouveau chaux-de-fonnier avec les objets rescapés du passé. Elle va présenter des dessins, des études, des céramiques, des œuvres textiles de la décennie durant laquelle Charles L’Eplattenier et ses élèves ont adapté des particularités de la faune et de la flore du Jura pour les appliquer aux arts industriels, décoratifs et à l’architecture.

Un groupe d’artistes élargi a façonné le Style sapin et pourtant un certain nombre d’entre eux sont restés invisibles durant plus d’un siècle. «On y trouve sans surprise plusieurs artistes femmes», relève le musée. L’exposition va notamment dévoiler le travail de Sophie L’Eplattenier, Marie-Louise Goering ou Henriette Grandjean. ATS

Sortir du bois. A la lisière du Style sapin, du 30 janvier au 22 mai, Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds.

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