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Rencontre: Popescu, ou la littérature comme transport public

Chauffeur de bus lausannois et écrivain, Marius Daniel Popescu dirige depuis 20 ans Le Persil, journal vivace et indocile. Rencontre en son antre.

«J’ai appelé ce journal Le Persil car c’est un mot neutre, et un nouvel ingrédient dans la cuisine de la littérature de Suisse romande.» © Jean-Baptiste Morel
«J’ai appelé ce journal Le Persil car c’est un mot neutre, et un nouvel ingrédient dans la cuisine de la littérature de Suisse romande.» © Jean-Baptiste Morel

Thierry Raboud

Publié le 07.06.2024

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Il s’est levé à 3 h 45, a commencé le travail à 5 h 31, véhicule 403, pause de 37 minutes à 9 h 11, dernier arrêt à 13 h 15, le temps de faire quelques courses dont il conservera aussi le ticket de caisse et le voilà qui nous accueille, cravate de fonction encore nouée, 14 h. L’horaire figure sur une feuille de service que le chauffeur nous dédicace – le banal est sacré. «Penser qu’il existe des situations qui sont littéraires et d’autres qui ne le sont pas est la meilleure façon de passer à côté de la vie», affirme Marius Daniel Popescu, nous invitant dans la sienne en décapsulant le chasselas de fin de journée.

Ce n’est pas un appartement, c’est une base arrière. Arrêt Prilly-Centre sur la ligne 9 des bus lausannois dont il est l’un des doyens, rez-de-chaussée surveillé par un chat qu’il a baptisé Patrocle à l’insu de la voisine, puis ces quelques pièces engorgées de papier, tapissées de romans, d’histoires enchevêtrées. Emerge une grande table encombrée où, depuis 20 ans, i

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