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Pour une laïcisation de l’Etat

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20.10.2021

» En lisant la lettre «Dieu, apanage de la droite?» du 5 octobre, je comprends le désir de mon cher collègue Pierre Fragnière que tout l’éventail politique dans sa grande largeur soit représenté dans les associations des amis des communautés religieuses.

Cette attitude me paraît normale chez un croyant d’aujourd’hui qui aimerait vivre dans un monde idéal et déconnecté du passé. Mais quand un tel propos vient d’un historien, cela me choque: peut-on déjà faire fi de la proximité d’intérêts qui existait entre le parti conservateur et l’Eglise?

A l’Ecole normale des instituteurs de Sion, on m’a enseigné, avec insistante lecture des encycliques à l’appui, que le communisme et le socialisme sont les ennemis de l’Eglise. Cela concernait toutes les formes de socialisme. D’ailleurs, il est du devoir du chrétien de voter pour un parti chrétien. Quant au Parti radical, son anticléricalisme suffisait à le disqualifier.

M. Fragnière pense que cet enseignement devrait être révolu, mais il est forcé de constater que certains fonctionnements sociaux sont restés en place. Les encycliques n’ont pas été abrogées et certaines traditions familiales restent vivaces.

Pour atteindre la neutralité religieuse bienveillante qu’il souhaite dans l’ensemble des partis politiques, le fait de donner un nouveau nom au PDC ne suffira pas. Il faudra encore attendre que le côté activiste du «C» ait été en grande partie oublié. La solution passe par la dissociation des partis politiques d’avec les confessions religieuses. La société dont il rêve ne pourra advenir que lorsque la laïcisation de l’Etat sera complète.

Marcel Délèze,

Marsens

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