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La Super League tourne au fiasco

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22.04.2021

Football » Le retrait de dix des douze clubs formateurs a précipité la fin de la Super League. Le football européen espère désormais rebâtir son unité.

Par un retournement de situation aussi tonitruant que l’avait été lundi son irruption dans le paysage, la Super League a perdu dix de ses douze membres, 48 heures seulement après son lancement.

L’Atletico Madrid, premier club espagnol démissionnaire, a emboîté le pas des six clubs anglais hier matin. C’est ensuite l’Inter Milan qui a donné le signal du retrait de tous les clubs italiens. Il ne reste donc plus que le Real Madrid et le FC Barcelone à ne pas s’être mis en retrait! «Il est admirable de reconnaître une erreur, et ces clubs ont fait une grosse erreur», a souligné Aleksander Ceferin, le patron de l’UEFA, qui a multiplié les menaces envers les sécessionnistes depuis 48 heures. «Mais ils sont de retour au bercail et je sais qu’ils ont beaucoup à offrir non seulement à nos compétitions, mais aussi à l’ensemble du football européen», a-t-il insisté, se disant prêt à aller de l’avant et rebâtir l’unité.

Une main tendue vers ces riches clubs dissidents, dont la vision mercantile a été rattrapée en quelques heures par le monumental tollé des supporters, des gouvernements, des instances et des plus grands joueurs du ballon rond. Dos au mur, les promoteurs de la Super League ont déjà publié un communiqué s’apparentant à une mise en pause de leur projet, en plein milieu de la nuit de mercredi, annonçant qu’ils allaient «reconsidérer les étapes les plus appropriées pour remodeler le projet».

L’heure du mea culpa commence donc pour ces dissidents repentis. Le propriétaire américain de Liverpool, John Henry, a ainsi publié une vidéo d’excuses pour «le trouble causé lors des dernières 48 heures», se disant seul responsable de la situation. Dans la nuit, Arsenal avait aussi fait machine arrière sur Twitter: «Nous avons fait une erreur et nous nous excusons pour cela», a écrit le club londonien. En attendant de savoir ce qu’il adviendra des derniers représentants de cette Super League, en premier lieu Florentino Pérez (Real Madrid), qui avait été bombardé président de la nouvelle compétition, cet épisode rocambolesque place le football européen face aux immenses dissensions qui l’animent, entre riches clubs avides de bénéfices et nécessaire maintien d’une forme d’équité et d’incertitude sportives.

Les dissidents seront-ils punis pour avoir envisagé une telle révolution? La réforme de la Ligue des champions à l’horizon 2024, adoptée lundi, sera-t-elle maintenue alors qu’elle ne semblait pas les satisfaire suffisamment? Autant de questions dont l’UEFA devra se saisir, elle qui a pourtant lâché du lest ces dernières années face aux plus gros. ATS/AFP

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